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12 janvier 2013

Crimes abominables au coeur de Paris

L'exécution lâche et affreuse de 3 femmes kurdes à Paris a suscité et suscite encore l'indignation des Kurdes et a bouleversé tous les partisans des Droits de l'Homme et ceux qui luttent contre les injustices dans le monde. Les victimes sont Fidan Dogan, Sakine Cansiz et Leyla Soylemez.


Ce crime qui s'est produit dans la nuit de mercredi à jeudi en plein coeur de Paris, nous rappelle les heures les plus sombres de l'Histoire des Kurdes où partout en Europe des représentants du peuple kurde pouvaient être assassiné en toute impunité comme l'ignoble assassinat à Vienne en 1989 du leader kurde le docteur Ghassemlou. Son assassinat à Vienne avec deux de ses amis nous rappelle douloureusement les assassinats de cette semaine à Paris.  Et on pense notamment à la fuite des assassins et à la complicité dans leur évasion. D'ailleurs, les Kurdes n'ont pas oublié que le temps venu les commanditaires et les auteurs de ces crimes auront des comptes à rendre.

On ne peut également faire l'impasse sur la collaboration que l'Europe apporte à la Turquie en matière de lutte contre les Kurdes et qui en règle général autorise ces pays souvent fort peu démocratique à n'avoir aucune retenue dans leur lutte contre ces opposants kurdes. 


Quant aux commanditaires de ce triple assassinat, même si pour le moment nous n'en avons pas la preuve, rien ne nous empeche penser que le gouvernement turc au plus haut niveau peut très bien être derrière ce coup. En effet, depuis son élection Erdogan qui a plusieurs fois prétendu vouloir la paix a également aussitôt viré de bord afin d'exercer la plus féroce répression contre les Kurdes.

 

Ce crime en plein Paris, ne peut rester impuni. il en va de la crédibilité de la France car ce crime hautement politique est aussi un affront envers la France, état de droit où nul ne doit pouvoir se faire justice soi-même. Crédibilité également de la France envers tous les défenseurs des droits humains et des réfugiés qui croient en la France.


BK

04 octobre 2012

La Turquie n'a pas de leçons à donner

L'information reprise par tous les médias est le tir d’un missile par la Syrie en ''territoire turc.'' Cet incident dramatique a provoqué selon le bilan actuel 5 morts d'une même famille. Mais en réalité ces civils ne sont pas turcs. Mais on le sait bien les civils sont toujours les premiers et les plus durement touchés lors des conflits armés car se sont également les plus faibles et les plus exposés. 

Ces civils ne sont pas turcs car cette mère et ses quatre enfants qui ont péris sous bombes syriennes sont en fait des kurdes. Mais la veille les militaires turcs avaient fait de même en tuant un kurde et  en blessant 2 autres alors qu'ils se situaient dans le Kurdistan de ''Syrie''. 

Malgré ce dernier fait très grave et inquiétant aucun pays n'a exprimé ses condoléances envers le peuple Kurde. Aujourd'hui la Turquie va utiliser ce prétexte pour demander une intervention ou mener des raides contre la Syrie, un pays déjà bien affaibli par des mois de guerre civile. Mais la seule motivation de la Turquie est d'ordre religieux. En effet, Erdogan le sunnite n'a jamais éprouvé de sympathie envers l'alouite Bachar El Assad.

Car soyons clair, pour la Turquie, la mort de ces civils kurdes n'est pas un drame car la Turquie persécute et massacre elle même ceux que l'on appelle de manière extrêmement abusive les Kurdes-turcs. Par exemple la Turquie n’a-t-elle pas délibérément bombardée des civils kurdes en décembre 2011 comme rapporté par le Wall Street Journal. Ces tirs délibérés avaient causé la mort de 35 villageois, un véritable massacre qui n’a pas suscité autant d’indignation auprès de la communauté internationale.

Alors quand on entend M Fabius prendre la défense de la Turquie et en parler comme un allié de premier plan de la France, on est en droit d’être troublé.

Stop à l’hypocrisie et les Occidentaux feraient mieux d’essayer de trouver une réponse globale aux nombreux problèmes qui touchent le Moyen Orient au lieu de jeter de l’huile sur le feu dans le conflit syrien.

09:36 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : syrie, turquie, fabius

28 septembre 2012

Il est temps de trainer la Turquie devant les tribunaux internationaux.

La Turquie a décidé ces derniers mois de jouer l’escalade dans la question Kurde. Les attaques portent aussi bien contre la société civile que les sympathisants actifs de la cause Kurde.

Le PKK qui a au début des années 80 choisi la lutte armée pour faire avancer le droit des Kurdes a également pendant toutes ces années offert des solutions pacifiques à ce long conflit dont il faut bien préciser et marteler que les principaux victimes sont les Kurdes.

La Turquie a toujours opposé des fins de non-recevoir aux propositions de résolution démocratiques de ce conflit formulées par les Kurdes.

Et ce ne sont pas les dernières tentatives de manipulations des Kurdes par Erdogan qui pourront rassurer les Kurdes sur la volonté de trouver une issue pacifique à ce conflit. En effet l’annonce éventuelle de possibles négociations ne sont là que pour manipuler l’opinion turque et Kurde ou une tentative de calmer la colère Kurde à laquelle la Turquie n’arrive pas à trouver de solution.

Avec l’avènement de l’AKP, le dogme religieux a remplacé le dogme militaro-nationaliste. Cependant, le ciment de la Turquie reste l’enseignement d’une propagande nationaliste teintée de racisme qui considère que tous ceux qui critiquent le pays sont des ennemis, ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur. D’ailleurs, les contestations internes sont souvent présentées comme des manipulations de l’extérieur.

Le jeu choisi par Erdogan nous semble particulièrement dangereux car il ravive également le pire du nationalisme turc qui par la voie du MHP (extrême-droite) enjoint les autorités dans une escalade de la violence qui ne peut être que destructeur.

Et enfin, il est ironique de noter qu’au moment où la Turquie entend jouer le premier rôle dans l’appui à la rébellion syrienne, elle s’entête également à bafouer tous les droits des Kurdes. Cela s’est traduit par des arrestations en masse de civils, des procès de type stalinien ou encore une répression accrue contre toute contestation au niveau de la société civile turque.

Il est peut-être temps désormais de placer la Turquie sur le banc des accusés plutôt que celui d’un allié. Mais la plupart des pays Européens, la France et l’Allemagne en tête ont plutôt choisi le camp de la collaboration.

16:53 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : kurde, kurdistan, turquie, turc

27 juillet 2012

Des avancées majeures dans l'ouest du Kurdistan.

La guerre en Syrie fait rage et rend chaque jour plus certaine la chute annoncée du régime. Les combats qui ont gagné Damas et Alep depuis plus d'une semaine éprouvent durement le régime ‘’jusqu’au boutiste’’ syrien.

 Les Kurdes qui contestent le régime des Al Assad depuis des décennies prennent néanmoins une part prudente dans cette bataille finale. En effet, les Kurdes savent pertinemment que les Syriens très majoritairement Arabes et les opposants à Al Assad n’ont que très peu de sympathie envers leurs causes. ‘’L’organe politique’’ (Conseil National Syrien, CNS) de la révolte sunnite syrienne est piloté depuis la Turquie et cette dernière considère les Kurdes comme la plus grande menace dans la région pour leurs intérêts. Cependant, le CNS s’est dernièrement choisi comme nouveau président un Kurde en la personne d’Abdel Basset Sayda. Celui qu’on présente comme un modéré est présenté comme une garantie pour les Kurdes et toutes les minorités et un appel à rejoindre le CNS.

 Quoi qu’il en soit, les Kurdes restent fidèles à leurs traditions de contestation. On se souvient par exemple de la terrible répression qui s’était abattu sur toute cette partie de la région du Kurdistan en 2004. En effet, de violents affrontements avaient opposés supporters kurdes et arabes à Qamishlo suite à des provocations des supporters arabes envers les Kurdes après un match de football. Des manifestations avaient eu lieu dans tout le nord-est de la Syrie c'est-à-dire au Kurdistan. La répression féroce menée par les forces de Bachar Al Assad n’avait ciblée que les Kurdes tuant une quarantaine de personne et laissant libre les provocateurs. Aujourd’hui alors que le régime est sur le point de s’effondrer, les Kurdes continuent leur combat.

 Des avancées significatives ont eu lieu ces dernières heures. On a appris par le biais des autorités Kurdes de la région que plusieurs villes ont été libérées du joug de l’occupant. Désormais, à l’instar de ce qu’il se passe au sud du Kurdistan (nord de l’Irak), le drapeau kurde flotte sur les bâtiments officiels.

 Vers le modèle en vigueur au Sud ?

 On peut raisonnablement penser que les Kurdes de ‘’Syrie’’ vont pencher vers cette hypothèse. Il est aussi à parier que ce fameux modèle ne plaira ni aux Syriens ni aux Turcs, c’est là le plus grand défi pour le Kurdistan. En fait, un avenir dans la paix réside dans la volonté ou pas de la Syrie et de la Turquie de reconnaître la spécificité kurde et de respecter son territoire. D’ailleurs, il est étonnant que des pays majoritairement sunnites et qui doivent leur hégémonie à Saladin, un kurde, ne soient pas plus tolérants envers ses descendants. C’est d’ailleurs cette tolérance qui est le plus bel héritage laissé par Saladin et que les Kurdes tentent d’appliquer au sud (‘’Kurdistan d’Iraq’’).

 Peut-on espérer un avenir encore plus prometteur ?

 A plusieurs occasions, lors de mes notes, j’avais avancé le caractère autoritaire et sans doute éphémère des régimes qui persécutent les Kurdes. En effet, des régimes (Iraq, Syrie bientôt Iran ?) où règnent une telle oppression et un manque de liberté ne peuvent qu’être voués à disparaître. C’est aussi une des leçon du Printemps arabe. Cependant un pays fait encore de la résistance et il s'agit de la Turquie. Depuis que la situation s'est accélérée avec la libération progressive du Kurdistan occidental, la Turquie reprend ses tentatives de déstabilisation de la région. Elle est désormais clairement l'obstacle dans la région pour une solution pacifique et politique aux différents problèmes et notamment la question Kurde. 

 La Turquie s'est construite sur une forte paranoïa. Depuis la fin de l'Empire Ottoman, les Turcs sont persuadés d’être persécutés par le monde entier. Après les arméniens se sont les Kurdes qui ont en fait les frais. La persécution des Kurdes continue encore aujourd'hui et il est révoltant de constater que la Turquie tente d'imposer cette haine des Kurdes à tous les autres pays. Un avenir prometteur n'est donc possible que si la communauté internationale décide une fois pour toute d'exiger de la Turquie la fin de cette politique fascisante envers les Kurdes. Ce dont il ne faut pas douter, c'est que la Turquie utilisera tous les stratagèmes afin de parvenir à endiguer l'avancée libératrice des Kurdes. L'un des objectifs majeurs de la Turquie en Syrie et de parvenir à monter une guerre entre les Arabes et les Kurdes mais également une guerre civile inter-kurde.

 Quelle autre solution pour les Kurdes ?

 Les Kurdes doivent dans leur ensemble prendre conscience que pour lutter contre la Turquie il faut se tourner vers une politique de tolérance envers les autres peuples ou religions menacés ou persécutés dans la région. A l'image de ce qui se fait au sud du Kurdistan, il faut s'ouvrir aux Chrétiens et autres minorités religieuses mais également vers Israël. De plus le chemin emprunté par la Turquie qui le mène irrémédiablement vers un modèle islamiste intégriste laisse aux Kurdes le champ libre pour se faire le chantre de la tolérance politique et religieuse. Ceci est d'autant plus vrai, qu'ayant été régulièrement opprimés, les Kurdes n'ont pas vocation ni envie de se muer en oppresseur. Le choix d'Israël devient donc encore plus évident dans la mesure où ce pays représente le seul modèle démocratique de la région. Le glissement de la Turquie vers un modèle islamique à l'Iranienne ne peut d'ailleurs qu'être une menace pour la paix. 

 D'ailleurs, la stabilité de la région et le succès de la révolte en Syrie ne seront garantis que si l'on empêche la Turquie de semer le chaos à la chute du clan Assad.

 Baran Kanî

13:14 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : kurde, kurdistan, turquie, syrie

06 mars 2012

Les Kurdes dénoncent la complicité des Européens contre les Kurdes

Quinze militants kurdes, dont cinq femmes, ont entamé jeudi dernier à Strasbourg une grève de la faim "illimitée" pour demander la libération en Turquie du leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Öcalan et pour obtenir du Conseil de l'Europe qu'il lui rende visite en prison.
Quelque 150 manifestants étaient venus soutenir, lors d'un rassemblement devant le bâtiment du Conseil de l'Europe, les grévistes de la faim, qui avaient revêtu des chasubles blanches sur lesquelles on pouvait lire "Liberté pour Öcalan, statut pour le Kurdistan, grève de la faim illimitée". 

 


Les activistes, venus de plusieurs pays d'Europe, demandent notamment que le Conseil de l'Europe envoie à Istanbul des experts de son Comité pour la prévention de la torture (CPT) pour y examiner les conditions de détention de M. Öcalan, lequel n'a reçu aucune visite depuis plus de sept mois.
"Je suis prêt à aller jusqu'à la ", a affirmé à l'AFP l'un des participants au mouvement, Harun Yilmaz, 29 ans, qui vit à . "Nous sommes inquiets pour la  d'Öcalan", a-t-il ajouté.
Au printemps 2007, 18 militants kurdes avaient déjà observé une grève de la faim pendant 39 jours à Strasbourg. Ils avaient finalement obtenu que le CPT envoie une délégation auprès d'Abdullah Öcalan.
Ce mouvement est organisé en solidarité avec les "prisonniers politiques kurdes" qui ont entamé le mois dernier une grève de la faim en Turquie, a expliqué à l'AFP Fidan Dogan, du Centre d'information du Kurdistan à Paris.
Sept femmes, dont la députée Selma Irmak du parti pro-kurde BDP, observent notamment une grève de la faim depuis le 15 février à la prison de Diyarbakir (Turquie).
Abdullah Öcalan purge depuis 1999, en solitaire, une peine de prison à vie sur l'île-prison d'Imrali, au sud d'Istanbul. Condamné à mort le 29 juin 1999, Öcalan, surnommé "Apo", 62 ans, doit la vie au parlement turc qui a aboli la peine de mort en août 2002 dans le but de rapprocher le pays, candidat à l'Union européenne, des normes européennes.

AFP

 
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