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04 octobre 2012

La Turquie n'a pas de leçons à donner

L'information reprise par tous les médias est le tir d’un missile par la Syrie en ''territoire turc.'' Cet incident dramatique a provoqué selon le bilan actuel 5 morts d'une même famille. Mais en réalité ces civils ne sont pas turcs. Mais on le sait bien les civils sont toujours les premiers et les plus durement touchés lors des conflits armés car se sont également les plus faibles et les plus exposés. 

Ces civils ne sont pas turcs car cette mère et ses quatre enfants qui ont péris sous bombes syriennes sont en fait des kurdes. Mais la veille les militaires turcs avaient fait de même en tuant un kurde et  en blessant 2 autres alors qu'ils se situaient dans le Kurdistan de ''Syrie''. 

Malgré ce dernier fait très grave et inquiétant aucun pays n'a exprimé ses condoléances envers le peuple Kurde. Aujourd'hui la Turquie va utiliser ce prétexte pour demander une intervention ou mener des raides contre la Syrie, un pays déjà bien affaibli par des mois de guerre civile. Mais la seule motivation de la Turquie est d'ordre religieux. En effet, Erdogan le sunnite n'a jamais éprouvé de sympathie envers l'alouite Bachar El Assad.

Car soyons clair, pour la Turquie, la mort de ces civils kurdes n'est pas un drame car la Turquie persécute et massacre elle même ceux que l'on appelle de manière extrêmement abusive les Kurdes-turcs. Par exemple la Turquie n’a-t-elle pas délibérément bombardée des civils kurdes en décembre 2011 comme rapporté par le Wall Street Journal. Ces tirs délibérés avaient causé la mort de 35 villageois, un véritable massacre qui n’a pas suscité autant d’indignation auprès de la communauté internationale.

Alors quand on entend M Fabius prendre la défense de la Turquie et en parler comme un allié de premier plan de la France, on est en droit d’être troublé.

Stop à l’hypocrisie et les Occidentaux feraient mieux d’essayer de trouver une réponse globale aux nombreux problèmes qui touchent le Moyen Orient au lieu de jeter de l’huile sur le feu dans le conflit syrien.

09:36 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : syrie, turquie, fabius

27 juillet 2012

Des avancées majeures dans l'ouest du Kurdistan.

La guerre en Syrie fait rage et rend chaque jour plus certaine la chute annoncée du régime. Les combats qui ont gagné Damas et Alep depuis plus d'une semaine éprouvent durement le régime ‘’jusqu’au boutiste’’ syrien.

 Les Kurdes qui contestent le régime des Al Assad depuis des décennies prennent néanmoins une part prudente dans cette bataille finale. En effet, les Kurdes savent pertinemment que les Syriens très majoritairement Arabes et les opposants à Al Assad n’ont que très peu de sympathie envers leurs causes. ‘’L’organe politique’’ (Conseil National Syrien, CNS) de la révolte sunnite syrienne est piloté depuis la Turquie et cette dernière considère les Kurdes comme la plus grande menace dans la région pour leurs intérêts. Cependant, le CNS s’est dernièrement choisi comme nouveau président un Kurde en la personne d’Abdel Basset Sayda. Celui qu’on présente comme un modéré est présenté comme une garantie pour les Kurdes et toutes les minorités et un appel à rejoindre le CNS.

 Quoi qu’il en soit, les Kurdes restent fidèles à leurs traditions de contestation. On se souvient par exemple de la terrible répression qui s’était abattu sur toute cette partie de la région du Kurdistan en 2004. En effet, de violents affrontements avaient opposés supporters kurdes et arabes à Qamishlo suite à des provocations des supporters arabes envers les Kurdes après un match de football. Des manifestations avaient eu lieu dans tout le nord-est de la Syrie c'est-à-dire au Kurdistan. La répression féroce menée par les forces de Bachar Al Assad n’avait ciblée que les Kurdes tuant une quarantaine de personne et laissant libre les provocateurs. Aujourd’hui alors que le régime est sur le point de s’effondrer, les Kurdes continuent leur combat.

 Des avancées significatives ont eu lieu ces dernières heures. On a appris par le biais des autorités Kurdes de la région que plusieurs villes ont été libérées du joug de l’occupant. Désormais, à l’instar de ce qu’il se passe au sud du Kurdistan (nord de l’Irak), le drapeau kurde flotte sur les bâtiments officiels.

 Vers le modèle en vigueur au Sud ?

 On peut raisonnablement penser que les Kurdes de ‘’Syrie’’ vont pencher vers cette hypothèse. Il est aussi à parier que ce fameux modèle ne plaira ni aux Syriens ni aux Turcs, c’est là le plus grand défi pour le Kurdistan. En fait, un avenir dans la paix réside dans la volonté ou pas de la Syrie et de la Turquie de reconnaître la spécificité kurde et de respecter son territoire. D’ailleurs, il est étonnant que des pays majoritairement sunnites et qui doivent leur hégémonie à Saladin, un kurde, ne soient pas plus tolérants envers ses descendants. C’est d’ailleurs cette tolérance qui est le plus bel héritage laissé par Saladin et que les Kurdes tentent d’appliquer au sud (‘’Kurdistan d’Iraq’’).

 Peut-on espérer un avenir encore plus prometteur ?

 A plusieurs occasions, lors de mes notes, j’avais avancé le caractère autoritaire et sans doute éphémère des régimes qui persécutent les Kurdes. En effet, des régimes (Iraq, Syrie bientôt Iran ?) où règnent une telle oppression et un manque de liberté ne peuvent qu’être voués à disparaître. C’est aussi une des leçon du Printemps arabe. Cependant un pays fait encore de la résistance et il s'agit de la Turquie. Depuis que la situation s'est accélérée avec la libération progressive du Kurdistan occidental, la Turquie reprend ses tentatives de déstabilisation de la région. Elle est désormais clairement l'obstacle dans la région pour une solution pacifique et politique aux différents problèmes et notamment la question Kurde. 

 La Turquie s'est construite sur une forte paranoïa. Depuis la fin de l'Empire Ottoman, les Turcs sont persuadés d’être persécutés par le monde entier. Après les arméniens se sont les Kurdes qui ont en fait les frais. La persécution des Kurdes continue encore aujourd'hui et il est révoltant de constater que la Turquie tente d'imposer cette haine des Kurdes à tous les autres pays. Un avenir prometteur n'est donc possible que si la communauté internationale décide une fois pour toute d'exiger de la Turquie la fin de cette politique fascisante envers les Kurdes. Ce dont il ne faut pas douter, c'est que la Turquie utilisera tous les stratagèmes afin de parvenir à endiguer l'avancée libératrice des Kurdes. L'un des objectifs majeurs de la Turquie en Syrie et de parvenir à monter une guerre entre les Arabes et les Kurdes mais également une guerre civile inter-kurde.

 Quelle autre solution pour les Kurdes ?

 Les Kurdes doivent dans leur ensemble prendre conscience que pour lutter contre la Turquie il faut se tourner vers une politique de tolérance envers les autres peuples ou religions menacés ou persécutés dans la région. A l'image de ce qui se fait au sud du Kurdistan, il faut s'ouvrir aux Chrétiens et autres minorités religieuses mais également vers Israël. De plus le chemin emprunté par la Turquie qui le mène irrémédiablement vers un modèle islamiste intégriste laisse aux Kurdes le champ libre pour se faire le chantre de la tolérance politique et religieuse. Ceci est d'autant plus vrai, qu'ayant été régulièrement opprimés, les Kurdes n'ont pas vocation ni envie de se muer en oppresseur. Le choix d'Israël devient donc encore plus évident dans la mesure où ce pays représente le seul modèle démocratique de la région. Le glissement de la Turquie vers un modèle islamique à l'Iranienne ne peut d'ailleurs qu'être une menace pour la paix. 

 D'ailleurs, la stabilité de la région et le succès de la révolte en Syrie ne seront garantis que si l'on empêche la Turquie de semer le chaos à la chute du clan Assad.

 Baran Kanî

13:14 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : kurde, kurdistan, turquie, syrie

17 février 2009

La Syrie et les Kurdes

En 2008, le vice premier ministre syrien Abdullah El-Derderi estimait qu’il n’y avait pas de Kurdes en Syrie reprenant une vieille rhétorique turque qui a lamentablement échouée dans la lutte contre les Kurdes. Venant d’un pays, la Syrie, dont l’existence sous sa forme actuelle n’est qu’une création européenne du début du 20ème siècle cela pourrait prêter à rire si ça ne s’accompagnait pas d’une politique violente et sanguinaire.

 

Pour preuve, la promulgation d’un décret le 9 octobre 2008, par le président syrien Bechar, N°49 qui complètent les lois racistes anti-Kurdes appliquées depuis les années 1960 en Syrie.

 

Cette mesure condamnée par des ONG, a aussi suscité le 2 novembre 2008, des manifestations Kurdes à Damas mais réprimées brutalement par les autorités. Notons par ailleurs que dans son dernier rapport, International Transparency place la Syrie au 147ème rang des pays les plus corrompus sur 180.

 

21 novembre 2008

Les Kurdes : une minorité ?

Les analyses et les analystes décrivent souvent les Kurdes comme une minorité. Mais est-ce vraiment le cas ?

 

Premièrement, le cas de la Turquie. Il est très difficile de chiffrer le nombre de Kurdes vivant dans les frontières ‘’officielles’’ de la Turquie. Ils varient de 15 à 25 millions selon les sources. La natalité est bien plus importante chez les Kurdes que chez les turcs et l’explosion démographique à Istanbul comme dans les villes Kurdes est due à cette vitalité. On peut donc estimer les Kurdes du nord à 20 millions de personnes.

 

En seconde position on trouve les Kurdes d’Iran. La population kurde y est d’environ 8 millions de personnes sachant que les Perses qui détiennent le pouvoir ne représentent qu’un peu plus de 50 % de la population totale estimée à 70 millions de personnes.

 

En ce qui concerne les Kurdes du Sud (nord de l’Irak) ils sont de l’ordre de 7 millions. Leur nombre à l’avenir sera sans doute plus facile à comptabiliser du fait de la sécurité qui y règne et de la stabilité du pouvoir dans cette partie du Kurdistan. 

 

En Syrie, les Kurdes qui ont que peu de droits, sont 1,5 millions. Leur statut de minorité peut être atténué du fait de leur nombre important pour un pays de la taille de la Syrie.

 

Ces estimation à plus de 36 millions de Kurdes peuplant la zone géographique homogène du Kurdistan à cheval entre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran nous révèle des données extrêmement intéressantes. En effet, ces Kurdes que l’on représente en tant que minorité et qu’on prive d’Etat forme le deuxième peuple en nombre d’individus du Moyen Orient, à égalité avec les Perses.

 

Plus de 36 millions de Kurdes vivent donc sur ces terres. Ces données ne prennent pas en compte les Kurdes qui vivent souvent en grand nombre dans tous le Moyen Orient comme au Liban mais aussi en Arménie, en Russie et dans beaucoup d’Etats d’Asie centrale.

 

Excepté sur leurs terres originelles et où légitimement les Kurdes réclament leurs droits, les Kurdes qui forment dans les autres Etats en question (Liban, Arménie ou Asie centrale) des minorités vivent en cohésion avec les peuples qui les composent.

 

Il est regrettable que les pays qui occupent le Kurdistan ne cherchent pas eux aussi à avoir une relation apaisée avec le peuple autochtone.

 

01 juillet 2008

ANKARA S'EST LIGUEE AVEC TEHERAN ET DAMAS CONTRE LES KURDES

Le principal commandant du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Murat Karayilan, a appelé samedi la Turquie à négocier avec les Kurdes plutôt que de chercher à former un front anti-kurde avec l'Iran et la Syrie.

"Nous espérons que la Turquie va arrêter sa politique agressive et mener des négociations démocratiques pour résoudre les problèmes", a déclaré à un journaliste de l'AFP l'un des leader Kurde.

La Turquie ne pourra être un pays "stable et démocratique tant qu'elle n'aura pas réglé le problème kurde", a estimé M. Karayilan.

"Une alliance des ennemis des Kurdes s'est formée entre l'Iran, la Turquie et la Syrie", a déploré le responsable, reprochant aux trois pays d'empêcher l'émergence d'un Kurdistan.

Source AFP 

 

 

 
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