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21 novembre 2008

Les Kurdes : une minorité ?

Les analyses et les analystes décrivent souvent les Kurdes comme une minorité. Mais est-ce vraiment le cas ?

 

Premièrement, le cas de la Turquie. Il est très difficile de chiffrer le nombre de Kurdes vivant dans les frontières ‘’officielles’’ de la Turquie. Ils varient de 15 à 25 millions selon les sources. La natalité est bien plus importante chez les Kurdes que chez les turcs et l’explosion démographique à Istanbul comme dans les villes Kurdes est due à cette vitalité. On peut donc estimer les Kurdes du nord à 20 millions de personnes.

 

En seconde position on trouve les Kurdes d’Iran. La population kurde y est d’environ 8 millions de personnes sachant que les Perses qui détiennent le pouvoir ne représentent qu’un peu plus de 50 % de la population totale estimée à 70 millions de personnes.

 

En ce qui concerne les Kurdes du Sud (nord de l’Irak) ils sont de l’ordre de 7 millions. Leur nombre à l’avenir sera sans doute plus facile à comptabiliser du fait de la sécurité qui y règne et de la stabilité du pouvoir dans cette partie du Kurdistan. 

 

En Syrie, les Kurdes qui ont que peu de droits, sont 1,5 millions. Leur statut de minorité peut être atténué du fait de leur nombre important pour un pays de la taille de la Syrie.

 

Ces estimation à plus de 36 millions de Kurdes peuplant la zone géographique homogène du Kurdistan à cheval entre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran nous révèle des données extrêmement intéressantes. En effet, ces Kurdes que l’on représente en tant que minorité et qu’on prive d’Etat forme le deuxième peuple en nombre d’individus du Moyen Orient, à égalité avec les Perses.

 

Plus de 36 millions de Kurdes vivent donc sur ces terres. Ces données ne prennent pas en compte les Kurdes qui vivent souvent en grand nombre dans tous le Moyen Orient comme au Liban mais aussi en Arménie, en Russie et dans beaucoup d’Etats d’Asie centrale.

 

Excepté sur leurs terres originelles et où légitimement les Kurdes réclament leurs droits, les Kurdes qui forment dans les autres Etats en question (Liban, Arménie ou Asie centrale) des minorités vivent en cohésion avec les peuples qui les composent.

 

Il est regrettable que les pays qui occupent le Kurdistan ne cherchent pas eux aussi à avoir une relation apaisée avec le peuple autochtone.

 

19 septembre 2008

Irak : la seule solution, le partage

Ce que l’on retiendra de l’opération américaine en Irak, afin de libérer cet Etat du dictateur Saddam Hussein, est l’éclatement au grand jour des divergences entre les différentes ethnies ou communautés. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet agrégat de peuple ne forme (n'a formé) à aucun moment une nation dans la mesure où ces peuples ne partagent pas une histoire commune et ne manifestent pas, doux euphémisme, une grande envie de vivre ensemble. L’Histoire de l’entité Irak, nous enseigne que ce découpage arbitraire initié par les anglais nous a mené au même fiasco qu’en ex-Yougoslavie. Il est désormais grand temps de prendre conscience que la seule solution viable est la création de trois Etats distincts.

 

Chacun a pu constater que le nord de l’Irak où vivent les Kurdes s’éloigne chaque jour des autres parties de cette construction étatique. Cette division nord-sud (l’on incorpore le centre dans le sud) est tout autant ethnique que religieux voire "civilisationnelle". D’ailleurs beaucoup de jeunes Kurdes ne connaissent pas l’Arabe.

 

On se demande bien ce qui pourrait empêcher les Kurdes dans un avenir proche de déclarer leur indépendance. Pour être totalement honnête, on ne voit pas en quoi le maintien artificiel d’un Irak soi-disant uni peut être bénéfique aux Kurdes. Un Kurdistan maintenu sous tutelle dans le cadre d’un Irak aux contours géographiques identiques à l’époque de Saddam Hussein est du pain béni pour les régimes turcs et iraniens et leur tendance à l’agression. Seul un Kurdistan indépendant peut se prévaloir des dispositifs internationaux régissant les relations interétatiques et pour prévenir les agressions turques ou iraniennes. C’est aussi dans le cadre de cet Etat que les Kurdes seront les mieux armés pour se défendre.

 

Enfin, la création d’un Etat kurde permettrait de régler le différend sur la question de Kirkuk en l’incorporant naturellement dans le Kurdistan ou encore en apportant une solution pour Mosul et ses alentours qui restent encore marqués par les violences.

 

On le voit bien, en étudiant la situation à l’heure actuelle, que les Kurdes essaient de retenir les leçons du passé. Les décennies vécues sous l’oppression de l’ancien régime a poussé les Kurdes à se doter d’institutions et à tout mettre en œuvre pour construire un début d’Etat viable et surtout sûr. Il est impensable de vouloir briser cet effort et de pousser les Kurdes à continuer à vivre dans une configuration qui n’aura apportée de la joie à aucun irakien. Le boum économique, le développement, la sécurité ou la fraternité qui commencent à s’imposer au Kurdistan ne peuvent être sacrifiés sous prétexte d’une pression étrangère.

 

Aujourd'hui, le Kurdistan est le seul lieu de l'ex-Irak où règne la sécurité. La violence dans le reste du pays a poussé nombre de minorités (notamment chrétiennes) à se réfugier dans cette zone. Revenir au statut quo d'antan signifierait le retour d'une poudrière qui ne demande qu'à exploser.

 
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