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27 juillet 2012

Des avancées majeures dans l'ouest du Kurdistan.

La guerre en Syrie fait rage et rend chaque jour plus certaine la chute annoncée du régime. Les combats qui ont gagné Damas et Alep depuis plus d'une semaine éprouvent durement le régime ‘’jusqu’au boutiste’’ syrien.

 Les Kurdes qui contestent le régime des Al Assad depuis des décennies prennent néanmoins une part prudente dans cette bataille finale. En effet, les Kurdes savent pertinemment que les Syriens très majoritairement Arabes et les opposants à Al Assad n’ont que très peu de sympathie envers leurs causes. ‘’L’organe politique’’ (Conseil National Syrien, CNS) de la révolte sunnite syrienne est piloté depuis la Turquie et cette dernière considère les Kurdes comme la plus grande menace dans la région pour leurs intérêts. Cependant, le CNS s’est dernièrement choisi comme nouveau président un Kurde en la personne d’Abdel Basset Sayda. Celui qu’on présente comme un modéré est présenté comme une garantie pour les Kurdes et toutes les minorités et un appel à rejoindre le CNS.

 Quoi qu’il en soit, les Kurdes restent fidèles à leurs traditions de contestation. On se souvient par exemple de la terrible répression qui s’était abattu sur toute cette partie de la région du Kurdistan en 2004. En effet, de violents affrontements avaient opposés supporters kurdes et arabes à Qamishlo suite à des provocations des supporters arabes envers les Kurdes après un match de football. Des manifestations avaient eu lieu dans tout le nord-est de la Syrie c'est-à-dire au Kurdistan. La répression féroce menée par les forces de Bachar Al Assad n’avait ciblée que les Kurdes tuant une quarantaine de personne et laissant libre les provocateurs. Aujourd’hui alors que le régime est sur le point de s’effondrer, les Kurdes continuent leur combat.

 Des avancées significatives ont eu lieu ces dernières heures. On a appris par le biais des autorités Kurdes de la région que plusieurs villes ont été libérées du joug de l’occupant. Désormais, à l’instar de ce qu’il se passe au sud du Kurdistan (nord de l’Irak), le drapeau kurde flotte sur les bâtiments officiels.

 Vers le modèle en vigueur au Sud ?

 On peut raisonnablement penser que les Kurdes de ‘’Syrie’’ vont pencher vers cette hypothèse. Il est aussi à parier que ce fameux modèle ne plaira ni aux Syriens ni aux Turcs, c’est là le plus grand défi pour le Kurdistan. En fait, un avenir dans la paix réside dans la volonté ou pas de la Syrie et de la Turquie de reconnaître la spécificité kurde et de respecter son territoire. D’ailleurs, il est étonnant que des pays majoritairement sunnites et qui doivent leur hégémonie à Saladin, un kurde, ne soient pas plus tolérants envers ses descendants. C’est d’ailleurs cette tolérance qui est le plus bel héritage laissé par Saladin et que les Kurdes tentent d’appliquer au sud (‘’Kurdistan d’Iraq’’).

 Peut-on espérer un avenir encore plus prometteur ?

 A plusieurs occasions, lors de mes notes, j’avais avancé le caractère autoritaire et sans doute éphémère des régimes qui persécutent les Kurdes. En effet, des régimes (Iraq, Syrie bientôt Iran ?) où règnent une telle oppression et un manque de liberté ne peuvent qu’être voués à disparaître. C’est aussi une des leçon du Printemps arabe. Cependant un pays fait encore de la résistance et il s'agit de la Turquie. Depuis que la situation s'est accélérée avec la libération progressive du Kurdistan occidental, la Turquie reprend ses tentatives de déstabilisation de la région. Elle est désormais clairement l'obstacle dans la région pour une solution pacifique et politique aux différents problèmes et notamment la question Kurde. 

 La Turquie s'est construite sur une forte paranoïa. Depuis la fin de l'Empire Ottoman, les Turcs sont persuadés d’être persécutés par le monde entier. Après les arméniens se sont les Kurdes qui ont en fait les frais. La persécution des Kurdes continue encore aujourd'hui et il est révoltant de constater que la Turquie tente d'imposer cette haine des Kurdes à tous les autres pays. Un avenir prometteur n'est donc possible que si la communauté internationale décide une fois pour toute d'exiger de la Turquie la fin de cette politique fascisante envers les Kurdes. Ce dont il ne faut pas douter, c'est que la Turquie utilisera tous les stratagèmes afin de parvenir à endiguer l'avancée libératrice des Kurdes. L'un des objectifs majeurs de la Turquie en Syrie et de parvenir à monter une guerre entre les Arabes et les Kurdes mais également une guerre civile inter-kurde.

 Quelle autre solution pour les Kurdes ?

 Les Kurdes doivent dans leur ensemble prendre conscience que pour lutter contre la Turquie il faut se tourner vers une politique de tolérance envers les autres peuples ou religions menacés ou persécutés dans la région. A l'image de ce qui se fait au sud du Kurdistan, il faut s'ouvrir aux Chrétiens et autres minorités religieuses mais également vers Israël. De plus le chemin emprunté par la Turquie qui le mène irrémédiablement vers un modèle islamiste intégriste laisse aux Kurdes le champ libre pour se faire le chantre de la tolérance politique et religieuse. Ceci est d'autant plus vrai, qu'ayant été régulièrement opprimés, les Kurdes n'ont pas vocation ni envie de se muer en oppresseur. Le choix d'Israël devient donc encore plus évident dans la mesure où ce pays représente le seul modèle démocratique de la région. Le glissement de la Turquie vers un modèle islamique à l'Iranienne ne peut d'ailleurs qu'être une menace pour la paix. 

 D'ailleurs, la stabilité de la région et le succès de la révolte en Syrie ne seront garantis que si l'on empêche la Turquie de semer le chaos à la chute du clan Assad.

 Baran Kanî

13:14 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : kurde, kurdistan, turquie, syrie

15 juillet 2012

Violente répression turque contre les Kurdes

Des milliers de Kurdes ont sévérement été réprimés alors qu'ils manifestaient pacifiquement le samedi 14 juillet 2012 à Diyarbakir, capitale du Kurdistan, occupée par la Turquie où elle fait régner un climat de terreur.

Une fois de plus, la violence étatique turque n'a fait aucune distinction entre hommes, femmes ou enfants. Lors de cette répression plusieurs enfants ont été passés à tabac par les milices turques qui s'infiltrent dans les manifestations afin d'y semer la terreur. 

La Turquie dans sa guerre contre les Kurdes a provoqué la mort de plus de 50 000 Kurdes depuis le début des années 80. Cette ''sale guerre'' a entraîné le déplacement de plus de 4 millions de personnes ou la destruction de plus de 4000 villes ou villages du Kurdistan.

La Turquie est régulièrement épinglée par les ONG en tant pays prédateur tant pour la liberté de la presse que pour toutes sortes de minorités. Elle est à ce jour, la plus grande prison au monde pour les journalistes et les opposants.

15:37 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (2)

26 juin 2012

Une nouvelle application proposée par Google pour les langues en danger

Si vous avez quelques connaissances sur des variantes (des dilalectes du Kurde) de la langue Kurde, vous êtes invité à les partager sur la nouvelle application de google pour les langues en danger :

http://www.endangeredlanguages.com/?hl=fr

Pour l'instant le site regroupe 3054 langues menacées dont le Dimili ou le Gorani. Ce site participatif a pour but de regrouper les connaissances et de contribuer à sauver des langues du patrimoine mondial plus ou moins en danger. On retrouve également cataloguées des langues telles que le Navajo, le Cheyenne, l'Occitan ou le Breton.

http://www.endangeredlanguages.com/lang/5628

http://www.endangeredlanguages.com/lang/4263

13:09 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (1)

06 juin 2012

Dix ans de prison pour Leyla Zana

Une nouvelle fois, la député kurde Leyla Zana a été condamnée à dix ans de prison pour appartenance au mouvement rebelle kurde. Selon le tribunal de Diyarbakir, Leyla Zana a violé le code pénal et une loi anti-terroriste. Dans ses discours, elle aurait exprimé son soutien au Parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK, un parti interdit et à son chef emprisonné Abdullah Öcalan. Les avocats de la députée vont faire appel de cette nouvelle condamnation. 

 
Leyla Zana en octobre 2011
zoom

Leyla Zana en octobre 2011

 
Figure emblématique de la lutte pour les droits des Kurdes en Turquie, Leyla Zana est élue députée de Diyarbakir en 1991. Arrêtée en 1994, elle est condamnée à mort. Mais grâce aux pressions internationales, la peine capitale est commuée en 15 années de prison, et Leyla Zana est finalement libérée en 2004. Pour soutenir son combat et son immense courage, le Parlement européen lui a décerné le prix Sakharov «pour la liberté» en 1995.

Les condamnations se suivent
L'histoire de Leyla Zana semble néanmoins se répèter sans cesse. En 2008, elle est une nouvelle fois condamnée à une peine de 10 ans, elle est reconnue « membre d’une organisation terroriste » mais la Cour de cassation va casser ce verdict par manque de preuve. Mais voilà, avec cette dernière condamnation du 24 mai 2012, l’affaire est de nouveau d’actualité. Peut-être parce qu'en décembre dernier Leyla Zana a osé demander l’organisation d’un référendum en Turquie sur l’avenir du peuple kurde.

La cause des Kurdes
Un affront pour le gouvernement turc qui refuse d'envisager toute évolution vers une autonomie des populations kurdes. Les Kurdes sont estimés à 12 millions, soit un sixième de la population de la Turquie. Pourtant cette dernière décennie avait été porteuse d'espoirs. La perspective d'intégrer un jour l'Union Européenne avait conduit Ankara à mettre en oeuvre des réformes démocratiques en faveur de la communauté kurde. Mais cette perspective s'étant éloignée, l'attitude des islamistes modérés au pouvoir à Ankara a changé.

La répression s'intensifie
Ces dernières années, la répression contre les organisations kurdes et particulièrement contre les femmes kurdes s'est à nouveau renforcée. Actuellement, il y a près de 500 militantes kurdes en prison. Parmi elles, deux députés et deux maires. Le 4 mai dernier, dans la ville de Van, dans les locaux même du Parti de la Paix et de la Démocratie, quinze militantes ont été arrêtées et placées en garde à vue. C'est le cas de Ceyhan Timür, la présidente de l'association "Vakasum" qui s'occupe particulièrement des problèmes des femmes kurdes. Elle a été libérée depuis, mais placée sous contrôle judiciaire. A bien des égards, la Turquie reste un pays compliqué pour les femmes : les traditions, le système politique restent oppressants, et pour celles qui sont kurdes et militantes, c'est un peu la double peine. 

Evelyne Herber pour ARTE Journal

22:14 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (1)

19 mai 2012

La Turquie a délibérément bombardé des civils

Les frappes de l'armée turque contre un groupe de contrebandiers qui franchissaient clandestinement la frontière, le 28 décembre dernier, officiellement confondus avec une colonne de combattants du PKK étaient le résultat d'un  renseignement délivré par les drones americains.

Une fois cette information en leur possession, les Turcs ont demandé aux américains d'évacuer la zone. Le bombardement volontaire pour tuer ces civils clairement identifiés comme tels n'est donc pas une bavure mais un massacre organisé.

Selon les informations révélées par le Wall Street Journal, les turcs connaissaient pertinemment la nature civile du convoi qui franchissait la frontière. 

Une fois ce massacre connu par le grand public, la Turquie a tenté de rejeter la faute sur le PKK.

BK

11:10 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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