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26 mai 2011

S.O.S SYRIE

Jeudi 26 mai 2011 à 16h54

Imaginez des villes entières coupées du monde, pas de téléphone, plus d'électricité, des patrouilles de chars qui mitraillent la foule, imaginez des tireurs embusqués sur les toits fauchant les passants, des miliciens investissant, une à une, les maisons et embarquant tous les hommes de 15 à 80 ans. Imaginez les prisons, les tortures qu'ils y endurent. N'imaginez pas. C'est ainsi qu'en Syrie sont traités étudiants, démocrates, citoyens ordinaires qui, du nord au sud du pays, réclament, jour après jour, pacifiquement, au prix de centaines de morts, de milliers d'arrestations, une liberté et une dignité qu'ils n'ont jamais connues.

 

Imaginez un pays sous dictature de père en fils depuis quarante ans, un régime qui, dans une totale impunité, plante ses pieux armés dans le cœur de chaque citoyen. Telle est la Syrie du clan El Assad, et l'Etat de barbarie qu'il a partout instauré, les lois humaines foulées aux pieds. Des millions de citoyens sans défense ont été poussés à la révolte. Un peuple accueillant et paisible a cessé d'endurer - et cette révolte à mains nues, contre la machine de mort, relève du miracle. Depuis deux mois, les manifestations se soldent, à Deraa, à Homs, à Kamchli, à Banyas, à Lattaquié, par des massacres de l'armée, des milices et des services secrets. Mais, ne cédant pas à la terreur, admirables de courage, les manifestants recommencent le lendemain, enterrant leurs morts et repartant de plus belle.
Tout cela est admirable. Tout cela est monstrueux.

Tout cela se déroule dans l'indifférence générale. Indifférence de la communauté internationale, indifférence de nos représentants, indifférence des opinions publiques, les yeux tournés ailleurs. Frontières fermées ; organisations humanitaires, presse internationale bannies : Silence, on Tue ! Quelques protestations du bout des lèvres, en Amérique et en Europe ont eu lieu. Les massacres continuent. C'est un fleuve de sang.

Donnons ici les noms des responsable syriens à la tête de la répression : Maher Al-Assad, chef de la 4ème division de l'armée ; Ali Mamlouk, chef des renseignements généraux ; Mohammed Ibrahim Al-Char, ministre de l'intérieur ; Hafez Makhlouf, colonel des renseignements généraux, branche de Damas ; Abd Al-Fatah Quodiyah, chef du renseignement militaire ; Jamil Hassan, chef du renseignement de l'armée de l'air syrienne ; Rustum Ghazali, chef du renseignement militaire du gouvernorat de Damas ; Atef Najib, responsable de la sécurité politique à Deraa ; Mohammed Dib Zeitoun, chef de la sécurité politique à Banyas. Gravons ces noms dans nos mémoires, dans l'attente d'un châtiment prochain devant le peuple syrien et la conscience internationale.

Retenez les noms de ces prisons : Tadmor (Palmyre) ; Palestine, Adra, Douma (Damas) ; Seid Naya. L'enfer, en Syrie, porte ces noms.

Pour l'heure, il faut descendre dans la rue exiger que les massacres cessent et que nos gouvernants ne se contentent plus de pieuses remontrances. Bashar Al-Assad n'a pas été déclaré criminel ni hors-la loi. Il n'est sous le coup d'aucune inculpation de la Cour pénale internationale. L'ONU n'a pas mis les tueurs en demeure de remiser leurs chars et leurs milices, sous peine de proscription.
Tournez vos yeux vers la Syrie.

Signez cet appel et venez manifester votre peine, votre indignation, votre solidarité avec le peuple syrien, dimanche 29 mai à 15h, esplanade du Trocadéro, à Paris.

Premiers signataires : Amirshahi Pouria, secrétaire national du PS chargé des Droits de l'Homme ; Bennahmias Jean-Luc, député européen; Benslama Fethi, psychanalyste ; Bergé Pierre, président de la Fondation Yves Saint-Laurent, actionnaire et président du conseil de surveillance du Monde ; Bianco Jean-Louis, député-Maire de Dignes ; Dray Julien, député de l'Essone ; Durpaire François, historien ; Franck Dan, écrivain ; Goupil Romain, réalisateur ; Henry Pierre, président de FTDA ; Hollande François, député de Corrèze ; Lepage Corinne, députée européenne ; Pingeot Mazarine, écrivain ; Sifaoui Mohamed, journaliste, écrivain ; Stora Benjamin, historien ; Ribes Jean-Michel, directeur du Théâtre du Rond Point ; Rocard Michel, ancien premier ministre ; Youssouphou Baki, président de la Cé ; Huchon Jean-Paul, président de la région IDF ; Benguigui Jean, comédien ; Benguigui Yamina, adjoint au Maire de Paris de la lutte contre les discriminations ; Delanoë Bertrand, maire de Paris ; Levy Bernard-Henri, philosophe et membre du conseil de surveillance du Monde ; Chomski-Magnis Huguette, présidente du MPCT ; Hertzog Gilles, écrivain ; Schapira Pierre, adjoint au Maire de Paris chargé des relations internationales ; Pau-Langevin George, députée de Paris ; Branco Juan, président de Jeune République ; Boutih Malek, ancien Président de SOS Racisme ; Kendal Nezan, président de l'Institut Kurde de Paris ; Encel Frédéric, géopolitologue ; Desir Harlem, député européen

23:03 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (0)

15 mai 2011

La passionaria des Kurdes de Turquie prépare son retour au Parlement

Elle a été torturée, emprisonnée et interdite de politique. Leyla Zana n'a pourtant pas renoncé à défendre les droits des Kurdes et s'apprête à faire son retour au Parlement turc, 20 ans après en avoir été chassée sous les huées.

A moins d'un moins des élections législatives du 12 juin, l'activiste arpente sans relâche le Sud-Est, une région peuplée en majorité de Kurdes, où elle est candidate dans la province de Diyarbakir.

Mais l'atmosphère a changé depuis l'époque où elle avait échoué en prison pour avoir prononcé une simple phrase en kurde au Parlement. Désormais, son bus de campagne est bardé de slogans dans la langue autrefois proscrite, et c'est en kurde qu'elle s'adresse aux foules.

"Vingt ans après, vos votes ne vont pas seulement me faire gagner un siège au Parlement, ils vont aussi soutenir le combat pour la liberté des Kurdes", harangue Leyla Zana, 50 ans, lors d'un rassemblement dans sa ville natale de Silvan.

Les Kurdes ont vu leurs droits progresser ces dernières années, notamment dans le cadre du processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne lancé en 2005, et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a promis d'oeuvrer à la réconciliation.

L'approche des élections est marquée par un regain de heurts dans les villes kurdes et de combats avec le PKK dans les montagnes. Douze rebelles ont été tués en trois jours lors d'affrontements à la frontière irakienne, et un soldat a perdu la vie dans l'explosion d'une mine, a-t-on appris samedi.

Mais Leyla Zana reste optimiste. "Les deux camps --Turcs et Kurdes-- ont atteint un certain niveau de maturité", a-t-elle déclaré à l'AFP peu avant le meeting de Silvan. "Nous sommes arrivés à un point où nous allons voir si nous pouvons avoir un partenariat, et quel sera le statut des Kurdes."

Mme Zana est devenue la figure de proue du mouvement kurde après avoir été élue en 1991 au Parlement, alors que faisait rage dans le Sud-Est le conflit entre PKK et forces de sécurité.

Lors de la cérémonie d'investiture, la nouvelle députée, arborant un bandeau jaune, vert et rouge --les couleurs du PKK--, avait semé l'indignation en ajoutant à son serment en turc une phrase en kurde appelant à la paix.

Le parti de Mme Zana avait par la suite été interdit pour collusion avec le PKK et la politicienne emprisonnée en 1994. Récompensée en 1995 par le prix Sakharov du Parlement européen pour la liberté de pensée, elle a été libérée en 2004.

"Je n'ai jamais cessé de croire au combat démocratique", a-t-elle déclaré cette semaine. "Mon moral est au plus haut. Je suis pleine d'espoir, et c'est mon seul capital".

Mariée à un cousin à 14 ans après une année seulement de scolarisation, Leyla Zana avait peu de chances de devenir une figure politique. C'est avec son mari, un activiste kurde emprisonné en 1980, qu'elle a commencé à s'intéresser à la politique et à s'instruire.

Comme d'autres femmes kurdes, cette mère de deux enfants a connu les visites en prison à son mari, avec leur lot de d'humiliations par les forces de sécurité et les cris des prisonniers torturés. Elle même connaîtra la torture.

Première femme parlementaire kurde en Turquie, Leyla Zana a été une pionnière de la contestation du système patriarcal dominant dans les régions kurdes. Les femmes tiennent désormais une place importante dans la vie politique régionale.

"Je sais qu'elle fera mieux que les hommes (...) J'ai très envie de la voir à nouveau au Parlement", a déclaré Mehmet Nedimdag, un petit commerçant, interrogé durant l'allocution de Mme Zana à Silvan.

AFP

23:31 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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