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14 décembre 2009

Erdogan critique la décision de la cour

REUTERS - Le Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a critiqué lundi soir la décision de la Cour constitutionnelle d'interdire le Parti de la société démocratique (DTP), principale formation pro-kurde du pays.

La décision rendue vendredi par les juges constitutionnels a provoqué des tensions dans le sud-est principalement kurde du pays mais aussi à Istanbul, sa capitale économique.

Elle a également porté un nouveau coup à la candidature européenne de la Turquie, la Commission européenne regrettant une décision susceptible de "priver de représentation politique une part significative des électeurs turcs".

"Notre position hostile à l'interdiction du DTP est claire. Nous sommes contre la dissolution des partis politiques. Nous pensons que des individus peuvent être punis, mais pas l'identité (d'un parti)", a dit Erdogan devant le parlement.

A Diyarbakir, la principale ville du Sud-Est turc, plusieurs milliers de Kurdes sont descendus lundi dans les rues pour la quatrième journée consécutive, sous la surveillance des forces de police anti-émeutes.

Des députés du DTP, de retour à Diyarbakir, ont été accueillis en héros par quelque 5.000 manifestants, pacifiques pour la plupart.

Mais des petits groupes s'en sont pris aux forces de l'ordre.Une permanence de l'AKP, le parti d'Erdogan, a été caillassée et plusieurs émeutiers ont été arrêtés. Certains brandissaient des portraits d'Abdullah Öçalan, leader emprisonné de la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La ville de Dogubeyazit a été le théâtre d'affrontements entre manifestants et policiers, qui ont répliqué à coups de grenades lacrymogènes et de canon à eau à des jets de pierres et de cocktails Molotov.Pour l'essentiel, les troubles se concentrent dans les villes et villages du Sud-Est. Mais des incidents ont aussi éclaté dimanche au cœur d'Istanbul.

Dans sa première intervention publique depuis le verdict de la Cour constitutionnelle, Tayyip Erdogan avait exhorté dans l'après-midi ses compatriotes à l'unité nationale. "Nous surmonterons ces problèmes tant que notre nation sera unie et solidaire", a-t-il dit à la presse à Ankara.

Les députés de l'ex-DTP ont annoncé pour leur part qu'ils démissionneraient, ce qui pourrait provoquer des élections anticipées dans les circonscriptions kurdes."Comme vous le savez, nous avons déjà dit que nous n'avions aucune raison de continuer à siéger au parlement si notre lutte pour la démocratie n'est pas prise en considération. Nous remettrons nos démissions au président du parlement dans les plus brefs délais", a dit le président du parti interdit, Ahmet Turk.

23:07 Publié dans NEWS | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Bonjour,

Je suis journaliste, je travaille à France 24.
J'écris un article sur les récents événements au Kurdistan et j'aimerais interroger un Kurde vivant à Paris.
Pourriez-vous m'envoyer un email avec votre numéro de téléphone ?

Merci

jpeyron@france24.com

Écrit par : Julien | 15 décembre 2009

Bonjour Julien,

Il n’y a rien de plus simple que de trouver un Kurde qui vit à Paris, il suffit de prendre contact avec l’Institut Kurde de Paris (106, rue La Fayette –75010 Paris, Tél : 0148246464) qui vous mettra certainement en contact avec des Kurdes qui vivent à Paris. Mais si vous n’aimez pas les rencontres « arrangés » et trouvez que le hasard opère avec plus de charme, passez donc un après-midi à la bibliothèque de l’Institut ou assistez aux activités culturels qui y sont proposés pour faire la connaissance de kurdes ou de français d’origine kurde qui fréquentent ces lieux. Je laisse le journaliste d’investigation que vous êtes faire preuve d’imagination… Usez donc vos semelles sur les pavés du 10e arrondissment de Paris ! Qui sait si au détour d’une ruelle ou au comptoir d’un café du quartier, vous ne vous trouverez pas nez à nez avec un Kurde.

Quant à moi – si la question venait à se poser- je préfère vous répondre d’or et déjà que je ne suis pas kurde mais française d’origine kurde, je ne suis membre d’aucun parti politique, d’aucune organisation, d’aucune association kurde et c’est seulement en tant que citoyenne autonome et responsable, dans l’esprit des droits de l’Homme, que je réagis sur Internet (site, forum, blog…) sur l’actualité des Kurdes du Moyen-Orient.
Du fait de mes origines et de mes attaches, je suis davantage au fait de la domination et des traitements arbitraires et injustes que subissent les Kurdes qui demeurent sans Etat, apatrides, sur des terres qu’ils peuplent depuis toujours. Mais de manière plus générale, je suis sensible au sort des tous les apatrides, tous les dominés, que ce soit pour des raisons ethnique, religieuse, sociale… Car dans le système des Etats-nations qui fut érigé en modèle au 19 et 20e siècle, les sans Etats, les "minoritaires", sont de fait des "sans droits", les laissés-pour-compte, ceux qu’il faut à tout prix "liquider", comme s’en était inquiété Hannah Arendt qui savait de quoi elle parlait.

Tout cela pour vous dire que si vous cherchez le témoignage d’un Kurde ou d’une Kurde, je ne suis pas la bonne personne, je ne pourrai vous répondre qu’en tant que citoyen attentive au monde qui l’entoure et s’intéressant au sort de ces concitoyens qui souffrent, quelque soit leurs origines, par-delà les frontières réelles ou imaginaires qui bornent nos esprits et l’horizon du possible.

Et je ne crois pas (pour le connaître un peu) trop m’avancer en disant que c’est dans cet même esprit, que la personne qui tient ce blog réagit aux violences dont sont victimes les Kurdes.

Cordialement,
Hannah

Écrit par : Hannah | 16 décembre 2009

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